Lune d’ô

Article publié dans Aix-Echos N°73 de Juillet 2007 - (Journal trimestriel du canton de St Germain Laval dans la Loire)
mardi 17 juillet 2007

Culture …Cet été, cultivons notre jardin…

Partir tout près… Cultiver son jardin, allez à la découverte de ceux des autres… au sens propre comme, surtout, au sens figuré… C’est à cette fantaisiste facétie que vous convie, cet été, Aix-Echos… Plantes à couleur, mots chuchotés, sculptures prophétiques, céramiques poétiques : petits mondes à savourer délicieusement…

Ni cerise, ni griotte !...C’est avec la Lune que Jacqueline Peurière-Ferlin a lié poésie pour son troisième recueil, Lune d’ô, de « lune » à l’autre saison, Itinérance poétique et graphique… Toute une bousculade de mots délicieux et ronds pour dire ses jubilations, acidulés juste comme il faut pour dire ses révoltes mais aussi une ribambelle de petits dessins qui sont posés de page en page comme des papillons facétieux. Haïkus délicats et poèmes ciselés se livrent au regard du lecteur comme un diamant à multiples facettes. Car les vers de Jacqueline Peurière-Ferlin, ont cette sorte de perfection cristalline du diamant. Non seulement on découvre la pierre-poème dans toute sa dimension significative mais aussi on ne peut s’empêcher de scruter les mots-facettes, leur sens caché, inconnu parfois qui renvoie impérieusement aux mystères et à la magie de la langue. Et puis, l’itinérance que propose l’auteur dépasse celle des saisons : elle est itinéraire de vie et de pensée, un jardin intime entrouvert…

Jacqueline Peurière-Ferlin rend hommage à son père, Maurice, lui aussi poète…en publiant quatre de ses textes, un univers tout aussi engagé que celui de sa fille mais en plus long et rond. La poétique de Jacqueline : une épure paternelle ?


FÊTES.

Je ris parce que c’est l’hiver,
Christmas pour la dame de fer :
Je pense aux chômeurs sans ressources
Qui n’ont plus un denier en bourse
Et qui grelottent dans leur coin
En rêvant d’un quignon de pain

Maurice Peurière


Frise-1

LA ROSE ET L’ŒILLET


- Ecrire
- Toutes les plumes
- D’un oiseau
- Une à une
- Les duvets
- Dans leur creux
- Dans leur chaud
- Là où gîtent les mots
- Les dires entendus
- Ou qu’on a cru entendre
- Leurs vestiges muets
- Infiniment figés
- Dans l’inarticulé
- Subreptice des lèvres
- Le murmure trop lisse
- A l’avers d’un poème
- Défait
- Un requiem
- Un linceul verset
- De fougère et d’iris
- Et la rose et l’œillet
- Rouge comme tu aimes.

Le jardin change de saison en saison, les fleurs passent, se fanent, renaissent parfois mais la lune tel un diamant brille vaille que vaille et brillera peut être « longtemps, longtemps après que les poètes ont disparu ». C’est sans doute pourquoi Jacqueline Peurière-Ferlin parsème son jardin de dizaine de ces petits diamants, éclaboussant de lumière comme la lune… et éternels …

LES CAILLOUX DU CHEMIN

Je les aurai semés
- Les cailloux du chemin
- Pour retrouver l’éclat
- Des sourires baladins
- Via la paix exhalée
- Et le grelot des rires
- Et rose le jasmin
- Sous le vol des phalènes
- Tout le cœur du jardin
- A battre le tambour
- De l’ivresse d’amour
- L’odeur du chèvrefeuille
- Le bonheur ma reine
- Pour qu’à brassées tu cueilles

Je les aurai semés
- A rebrousser chemin
- A fuir cette mégère
- La gluante misère
- Son emblème cautère
- Béante cette plaie
- Entretenue aux fers
- Incandescents
- Galère
- Pour humains
- S’il vous plait !

Je les aurai semés
- Et plutôt deux fois qu’une
- Te décrocher la lune
- Et pendre l’inhumaine
- Son exsangue défroque
- Loque au mât de misaine
- Aux hunes des bateaux
- La une des journaux
- La misère sa peau
- Entre enclume et marteau
- La faire.

Ainsi guidé, de cailloux de Petit Poucet en diamants façonnés, le lecteur découvrira-il un petit bout du jardin secret de l’écrivain, quelque part entre méditation et imaginaire poétique.

UN JARDIN


- Me vient un rêve récurrent
- Un songe enchifrené d’enfance
- Une séquence
- Puis un blanc
- Comme un souffle empli de sourires
- Comme une brume de rivière
- Par un dimanche de printemps
- Un jardin mouillé
- Un matin
- Qui ressemblerait au bonheur
- Une palette magistrale
- Dégoulinante de couleurs
- Comme un bouquet d’éclats de rire
- Dahlias pompons ocres et ronds
- Où brandille l’asparagus
- Plus une crosse de fougère

Frise-2

L’ouvrage est disponible chez son auteur :

Mme Peurière-Ferlin - Le Tramblé - 53 chemin du Tramble - 42260 Saint-Germain Laval

Prix : 14 € + 2 € de frais d’envoi


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